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Qui fera pipi le plus loin ?

Dans le week-end, ou la semaine dernière (notion du temps en PLS), je suis tombée sur le carrousel d’une psy qui manquait de nuances envers les neuroatypiques. Je n’ai rien contre elle, et force à elle pour son métier difficile, mais ce n’est pas la première fois que je vois ce genre de discours. Donc je vais me ré-exprimer ici. Parce que je sais que je ne suis pas la seule à être gavée de voir des gens parler à notre place.

La dernière fois que j’ai entendu ce genre de propos, c’était de la part d’une psychologue scolaire. Je précise ça non pas comme un jugement de valeur, mais pour illustrer un point essentiel : tous les professionnels « psy » n’ont ni la même formation, ni le même champ de compétences. Un psychologue généraliste, un clinicien, un psychiatre ou un neuropsychologue n’ont pas le même niveau d’expertise ni les mêmes études lorsqu’il s’agit de diagnostic neuroatypique, de fonctionnement cérébral et de neurodéveloppement. Ces distinctions sont importantes pour éviter les raccourcis et les discours qui manquent de nuances.

 
Je comprends le fait de dénoncer que certaines personnes recherchent un diagnostic pour se complaire et s’enfermer dans une case afin d’excuser leur personne. C’est possible. Car avoir un fonctionnement ne signifie pas arrêter d’essayer d’évoluer, s’en servir d’excuse ou tout lui attribuer pour éviter toute responsabilisation. Et il ne faut pas confondre le fonctionnement des gens avec leur personnalité.
 
Il est aussi essentiel de rappeler que les fonctionnements neuroatypiques ne se vivent pas tous de la même manière. Ils s’inscrivent dans un spectre, avec des degrés, un retentissement et des réalités très variables d’une personne à l’autre. Autrement dit, tout dépend du degré et du niveau de résilience de chacun.
 
Mais ce qui est le plus fatiguant, c’est qu’avant ce n’était pas connu, donc on passait pour des fous. Et maintenant que c’est surexposé, c’est souvent mal interprété, mal expliqué et mal desservi.
 
Au final, on est toujours soit blâmés, moqués, niés ou surestimés, voire plagiés… Mais rarement pris à notre juste valeur. Et je dis bien pris, et non reconnus, parce qu’on n’a besoin ni de votre reconnaissance, ni de votre validation bancale pour être ce que nous sommes.
 
On va aux toilettes comme les autres. On a besoin de boire, manger et dormir pour vivre, comme les autres. La seule différence entre les neurotypiques et nous, les neuroatypiques, c’est notre fonctionnement.
 
Quand on ne dit pas qu’on l’est, on ne nous comprend pas et on nous place dans des cases de folie. Et quand on le dit pour être un minimum compris, on est cette fois discriminés. Et ce sont souvent les mêmes qui continuent de parler sur nous, à notre place, et sans réelles connaissances, étalant encore une fois leur ignorance.
 
Être ignorant n’est pas une tare. Ça se soigne par la connaissance. Mais être de mauvaise foi, c’est autre chose.
 
Quant aux psys qui prennent la parole sur ça, c’est de leur responsabilité, en tant que psys exposés publiquement, de poser un cadre clair.
 
Parce que lorsque vous êtes psy, vous n’êtes pas juste « une personne qui donne son avis ».
 
Un psy a une formation sur le transfert, le contre-transfert, la projection et l’impact de la parole.
 
Vous savez que votre statut crée une asymétrie d’autorité.
 
Par conséquent, votre parole publique n’est pas neutre, et elle engage une responsabilité.
 
Et ce n’est pas une attaque : c’est un rappel de cadre !
 
Avoir un titre ne donne pas carte blanche pour projeter ses affects personnels, généraliser des expériences individuelles ou parler à la place des premiers concernés.
 
De quoi avez-vous peur ?
 
Et là, je parle de toutes les personnes qui prennent la parole sur nous sans en avoir ni l’expérience ni les connaissances.
 
Qu’on brille plus que vous ?
 
Ou que les gens se rendent compte qu’au final, nous ne sommes pas des bêtes de foire — et donc illégitimes à être moqués gratuitement — mais bien plus conscients et éveillés que ce qu’on a essayé de faire croire ?
 
Parce qu’on ne peut pas demander l’égalité de devoirs tout en se permettant l’inégalité de traitement.
 
Pour les personnes neuroatypiques qui passeraient sur ce genre de carrousels manquant de nuances, et qui pourraient être touchées négativement : Sachez que le diagnostic neuroatypique ne sert pas à s’enfermer dans une étiquette. Il sert à comprendre que l’on est légitime d’être ce que l’on est, que la société ou les neurotypiques le comprennent ou non. Il sert à connaître son fonctionnement et à vivre avec en pleine conscience. C’est un propulseur pour celles et ceux qui s’en servent de manière constructive : non pas pour s’y enfermer, ni rester ou tomber dans l’impuissance apprise, mais pour apprendre à bien vivre avec sa neuroatypie.
 
On est déjà difficilement intégrés dans ce système, car les choses ne sont pas, ou rarement, faites pour notre fonctionnement. Et on ne vous a pas attendus pour trouver les choses qui fonctionnent pour nous. Comme créer nos propres systèmes, adaptés à notre fonctionnement. Alors commencez à vous habituer à ce qu’on nous voie autant que vous. Et si ça vous fait peur, posez-vous les bonnes questions.
 
Instagram n’est pas une cour de récréation où chaque adulte bloqué dans son corps d’enfant cherche à tout prix à être validé ou à faire plus de bruit que les autres. En tout cas, pas pour moi. Si c’est votre cas, force à vous dans votre quête sans fin.
 
Et pour revenir à l’essentiel : si vous soupçonnez être neuroatypique, sachez que les neurosciences et la neuropsychologie ne sont pas enseignées à tous les psys. Un psychologue n’est pas automatiquement neuropsychologue. Ce n’est pas tout psy qui a étudié la neuropsychologie. Donc allez vous faire diagnostiquer par des professionnels de santé qualifiés pour ça.
 
Si tu es dans une période de doute et que tu ne sais toujours pas vers quel psy te tourner, je t’invite à aller voir mon carrousel :
 
« Neuroatypie & co : comment des mots mal placés créent de la confusion. »
 
Et si des psys compétents et formés en neuropsychologie/neurodéveloppement passent ici et lisent jusqu’à la fin, vous pouvez faire connaître vos profils en commentaire.
 
So-ma.fr – Elie. Ta conseillère en nutrition & bien-être, spécialisée pour les neuroatypiques.

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